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S T A N L E Y : S M A L L   C H O I C E   I N   R O T T E N   A  P  P  L E S

C H A R   D ' A S S A U T

À priori, la trame de Char d'assaut, le dernier spectacle de l'artiste belge Simon Thomas, a de quoi rebuter les spectateur·trices non averti·es.
Effectivement, il est ici question de deux personnages, Tristan et Marceline, qui parcourent une petite scène sans décor, en parlant essentiellement de suicide ; certes.
Mais il faut passer outre.
D'abord, parce que Simon Thomas manie l'humour absurde avec virtuosité ; le jeune homme de 27 ans s'inscrit dans la lignée de Samuel Beckett. Ensuite, parce que se mise en scène épurée est fortement influencée par l'esthétique de la bande-dessinée - et tout particulièrement du travail de l'Islandais Hugleikur Dagsson : nous avons donc affaire à un artiste hypersensible au détail, au rythme et au comique de situation. Aussi, parce que Simon Thomas a choisi de se confronter aux grandes questions existentielles sans jamais se prendre au sérieux. Pourquoi rester en vie ? Pourquoi vaut-il mieux être à deux que tout·e seul·e ? Et enfin parce qu'à l'issue du spectacle - attention révélation - Tristan et Marceline ne se suicident pas, ce qui est une très bonne nouvelle I. H.-L.

Char d'assaut: Article sur le Festival Émulation 2019.
Coup de cœur pour "Char d’assaut", second spectacle de Simon Thomas, créé au Théâtre Varia en février dernier: sur un mode beckettien, Tristan et Marceline arpentent l’espace scénique laissé à nu en tirant sur le fil de leur impuissance humaine. Poétique, efficace, inventif et jubilatoire!
Aliénor Debrocq

Char d'assaut: Dans cette pièce décadente et pleine de fraîcheur, nos deux héros venus des temps modernes parlent de la mort d’une manière importante et surtout, touchante.

Les premiers éléments au début du spectacle nous interpellent fortement : des rires enregistrés à l’ambiance Hélène et les Garçons, et une salle allumée grâce à deux grands néons suspendus en hauteur. Et débarquent alors, par la grande porte du fond, Tristan et Marceline. Elle avec sa grande cape pailletée, lui avec sa combinaison de cycliste. Avec pour décor, un espace vide et pourtant, qui fourmille tant de combinaisons possibles pour rendre Char d’Assaut vivant. Et c’est là que l’histoire commence, par une promenade autour du public, en traversant les portes.

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La dernière création de Simon Thomas et de sa compagnie La Horde Furtive est un moment partagé entre la gravité de la situation et le rire. Parler de la vie et de la mort au théâtre n’est pas chose simple. Encore moins lorsqu’il s’agit d’inclure des éléments d’humour dedans, avec des variations sur le même ton. Pourtant, l’exercice qui peut être périlleux de base, s’annonce finalement comme une battle entre nos deux héros. Où se mélange tarte au citron au fin fond d’une salle et animal mort. Si, si, on vous le jure. Les deux acteurs portant la pièce au bout de leurs bras - Stéphanie Goemaere et Aurélien Dubreuil-Lachaud - réussissent à évoquer un sujet compliqué sous fond de jeu beckettien.

Un tas de références culturelles s’entremêlent durant l’acheminement de la pièce, qui en une heure, passe comme une lettre à la Poste : nous y notons notamment, au niveau de l’humour, des sketchs des Robins des Bois au podcast célèbre de Sophie Marie Larrouy, "A Bientôt de te Revoir" - qui reçoit des personnalités pour des conservations au parfum hilarant avec une pointe d’absurdité. Nous n’en dévoilerons pas davantage pour vous faire une propre idée, mais cela en vaut clairement la chandelle.

Nous nous fondons direct dans la pièce, dû à son accessibilité et à sa durée tous deux idéales. Ayant un rythme soutenu et sans temps mort, peu de place à l’ennui finalement. Ce qui n’est pas plus mal, puisque cette pièce est à aller voir absolument, même si vous n’êtes pas un-e féru-e de théâtre.
Marion Hermet.

Char d’assaut: Véhicule blindé (d’absurdité)
Le Soir 28 fév. 2019

Mélange entre Beckett et les Monty Pythons, « Char d’assaut » mène une offensive plus surréaliste que militaire. Du sens de la vie comme chair à canon. Jusqu’au 2 mars au Théâtre Varia (Ixelles). Du 17 au 19 mars à la Maison Folie (Mons). Du 20 au 24 mars au Théâtre de Liège.

Non, Beckett n’est pas mort. Il s’est même réincarné en la personne de Simon Thomas, jeune metteur en scène qui élève la condition humaine au rang de roue à hamsters. Ses personnages ne croupissent pas au fond d’un trou ou à l’abri d’une poubelle mais ils nagent tout autant dans le potage.
Beckett, Thomas, même combat : donner du sens à la vie ? Autant pisser dans un violon. [...]

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